Jeudi 27 septembre 2007
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Le président de l'office du tourisme du Verdon, Bernard Caunesil, analyse les impacts sur le tourisme de ce projet de port méthanier. Il nous fait part de ses réflexions.
« UNE EXPLOSION DANS LA TETE »
Article dans Sud-Ouest du 20 septembre 2007
Lorsque l’on découvre l’article cité en référence concernant l’explosion AZF à Toulouse due à la collusion d’un mélange accidentel de produits (du chlore mélangé à un engrais), qui a fait 30
morts, 13 blessés et 30000 logements rayés de la carte urbaine, on a peur !
Bien sûr, la concentration de population et d’immeubles dans la Pointe-du-Médoc est bien plus faible que celle de Toulouse, mais un accident éventuel pourrait être conséquent eu égard à certaines
constructions, au port de plaisance, au site touristique de la Pointe-de-Grave et à une école à moins de 800 m du lieu prévu pour le stockage du méthane.
D’autre part, la déflagration AZF fut entendue à Montauban, ville distante d’environ 50 kms.
Contrairement aux inepties que l’on raconte, il est incontestable qu’une telle installation, avec le stockage d’un tel produit dangereux, ne peut pas être compatible avec le tourisme et la
proximité d’un port de plaisance « Port-Médoc ».
Si une telle installation devait voir le jour, le tourisme serait rayé de la carte des animations et des investissements.
Au cours des réunions au Verdon et à Soulac, j’ai entendu de nombreuses bêtises concernant le tourisme, à savoir que les pays qui vivaient du tourisme étaient des pays sous-développés !!! Ce
doit être notre cas, puisque nous ne vivons pratiquement que du tourisme !
Un peu d’historique touristique :
La France avec ses 75 millions de visiteurs est le premier pays réceptif au monde, suivi de près par l’Espagne avec ses 62 millions de touristes.
Si tel était le cas du « Monsieur je sais tout », si toute l’industrie touristique disparaissait, c’est toute l’hôtellerie, la restauration, les campings, les résidences, les casinos,
les compagnies de navigation pour touristes, les compagnies aériennes qui n’auraient jamais dû exister. Or, toutes ces professions ne fonctionnent que parce que le tourisme existe.
Pour ce qui est du Médoc (sans parler du littoral français), si toute la partie touristique devait disparaître, il ne resterait plus rien, si ce n’est une zone désertique.
Adieu les 700 000 touristes qui empruntent le bac et les 25000 visiteurs qui se rendent au Phare de Cordouan, pour ne citer que ces deux chiffres.
Le tourisme fait-il vivre la Pointe-du-Médoc ? lit-on dans un journal ?
Bien sûr, car sans cela, ce serait la Pointe-du-Désert !
Alors, messieurs les détracteurs du tourisme, un peu de sérieux !
La leçon qu’il faut tirer de cette catastrophe AZF, c’est que l’industriel n’a jamais voulu admettre la thèse de l’accident !
Or, devant l’importance d’un grand groupe gazier, le résultat sera le même et nous serons sans défense, surtout que l’installation ne sera pas de la responsabilité du constructeur, mais de
l’installateur du gazoduc !
Autrement dit, pas de recours vis-à-vis du créateur !
D’autre part, on signale, toujours pour AZF, que les « manutentions » étaient effectuées par des intérimaires, sommairement ou pas du tout formés aux protocoles de sécurité. Qui nous
prouvera, nous assurera, que ce ne sera pas pareil au Verdon ?
Le danger, pour toute une population, ce sont ces groupes puissants qui ont toujours raison et font traîner les enquêtes pour connaître le non-lieu.
En conclusion, il n’est pas question de vouloir associer industrie dangereuse et tourisme, car c’est inacceptable et cela n’existe nulle part ailleurs.
Pourquoi ne pas avoir choisi St Tropez ?
La Pointe-du-Médoc n’acceptera jamais d’être défigurée !
Bernard CAUNESIL
Président de l’Office de Tourisme du Verdon.
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