Mercredi 20 février 2008
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Mardi 12 février 2008 vers 22h40, au cours d'une mission d'entraînement, un Mirage 2000 N de la base aérienne de Luxeuil, s'est abîmé en mer à l'embouchure de la Gironde.
Le pilote et le mécanicien ont été récupérés indemnes par une vedette de la gendarmerie nationale et par un bâtiment de la société nationale de sauvetage en mer.
C'est après une opération de ravitaillement en vol que le pilote a été confronté à un problème technique. Sa première intention a été de ramener le Mirage à la base de Cognac mais redoutant de ne
pouvoir y parvenir et pour éviter un impact sur des zones habitées, le pilote a fait demi-tour pour que l'avion tombe dans l'océan.
Le pire a donc été évité, grâce au sang froid de l'équipage.
Mais sans penser au pire, le scénario du mardi 12 février n'a pas même été envisagé par 4Gas.
Dans son Etude préalable des dangers, page 16, 4Gas évacue en 15 lignes les risques de chutes d'avion.
Les fortes probabilité de chutes se situeraient dans une zone d'1km autour des aéroports. Celui de Mérignac est à près de 100km, donc, peu de risque selon 4Gas. En dehors des zones proches
des aéroports, le risque de chute sur la zone du Verdon est pour 4Gas "acceptable" car évalué à 4.10-8 impacts par an.
Et au plus proche, ce que nous pouvons craindre, toujours selon 4Gas, ce sont les avions de tourisme des 3 aérodromes de tourisme du Médoc. Mais là aussi, pas d'inquiétude, "les toits des
réservoirs de GNL sont conçus pour résister à un impact d'un avion de tourisme". Mais sont-ils conçus pour résister à l’impact d’un avion de
chasse ?
L'impensable est donc arrivé. Mais l'impensable est-il acceptable ?
Comment ne pas relever une nouvelle fois les lacunes et insuffisances du dossier de 4Gas ?
Comment ignorer que les côtes girondine et royannaise sont des zones d'entraînement militaire entre Cognac et Cazaux ? Les passages en rase motte sur toute la bordure littorale en attestent
régulièrement.
Ne pas avoir pris en compte ce paramètre dans le dossier d'étude des risques est inacceptable.
Fort heureusement, mardi 12 février, ce risque devenu réalité n'a eu qu'un impact financier pour l'armée de l'air.
D'après certains spécialistes, l' Armée de l'Air aurait perdu 35 Mirages 2000 en 23 ans, ce qui donne une moyenne de 1,5 par an.
Ce risque est-il toujours acceptable pour 4Gas et pour les autorités étatiques ?
D'autant plus si l'on considère, d'après Sud-Ouest qui rapporte le contenu d'un rapport parlementaire partiellement rendu public ces jours-ci, la vétusté d'une partie de la flotte navigante
de l'armée française. Certes, ce rapport ne concerne pas les avions de chasse ou de reconnaissance comme le Mirage 2000 M (conçu pour emporter le missile nucléaire ASMP), en revanche, il concerne
les avions de ravitaillement. Or, c'est bien au cours d'une opération avec un avion de ravitaillement que le Mirage a rencontré un problème. Gageons que ce type de manoeuvre sur nos côtes qui
servent de zones d'entraînement doit se produire régulièrement.
Heureusement, le Mirage lui, n'a rencontré aucun navire dans l'Estuaire...
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