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Non au terminal méthanier

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Samedi 12 avril 2008 6 12 /04 /Avr /2008 18:09

L’école primaire du Verdon regroupe 97 élèves, âgés de 2 ans et demi à 11 ans et répartis sur 4 classes. Dans les débats sur le projet d’implantation d’un port méthanier, la question de l’école n’a jamais été abordée. Pourtant cette installation, classée SEVESO 2, seuil haut – signifiant ainsi un risque maximal de dangerosité – vient bouleverser au quotidien la quiétude de l’école et nous pousse à nous interroger sur son avenir même.

 

Au jour le jour, nous devons faire face à l’inquiétude de nombreux parents d’élèves. Pour certains, si le projet devait voir le jour, la décision de quitter l’école est d’ores et déjà prise. Nous ne pouvons que partager leurs interrogations quant à la sécurité de nos enfants.

 

En effet, le terminal méthanier et ses installations seraient installés à moins de 750 mètres de notre école. Une telle proximité est alarmante. Les enseignants sont responsables de la sécurité de leurs élèves. Le principe de précaution qui régit les règles de mise en sécurité des élèves nous engage à considérer tous les cas de figure : de l’incident minime au majeur. Or, les risques que feraient encourir aux enfants un incident ou un accident sur le site sont plus que préoccupants. Lors d’une réunion du débat public, un représentant de l’Etat, M. Emiel, fonctionnaire au « bureau des risques technologiques », a d’ailleurs présenté des zones de danger allant jusqu’à 1310 mètres.

 

Au quotidien, nous devrions subir de nombreuses nuisances. Outre les rejets de CO2 (équivalents à la pollution engendrée par 70 000 voitures roulant nuit et jour), de résidus soufrés, etc., nous aurions à cohabiter avec le bruit permanent des installations (de l’usine de re-gazéification à la torchère en passant par les chaudières) soit un volume sonore continu et équivalent à celui généré par une mobylette qui tournerait en rond sous les fenêtres de l’école.

 

Si partout ailleurs la tendance est à éloigner toute installation dangereuse des zones habitées, ici nous serions à moins de 1000 mètres des zones de risques. Nous devrions vivre avec la crainte permanente d’une défaillance humaine ou technique, engageant la sécurité de nos élèves, leur intégrité physique.


Les bâtiments scolaires seront-ils adaptés à la mise en place d’un nouveau P.P.M.S (« plan particulier de mise en sûreté ») prenant en compte le risque inhérent à l’extrême proximité d’un site SEVESO 2 seuil haut ? Dans l’hypothèse négative, de nouveaux bâtiments, suffisamment éloignés du terminal méthanier, seront-ils construits, ou l’école sera t-elle regroupée à celle d’une commune voisine ?

 

L’un des axes principaux du projet d’école est l’éducation à l’environnement et au développement durable. De nombreux partenariats sont engagés avec des acteurs locaux tels que l’association CURUMA qui gère une partie des marais de la commune, sans doute les derniers marais maritimes de Gironde, le club de voile (qui accueille les élèves de CM1 et CM2 et dont l’avenir est menacé en cas de fermeture de la plage de la chambrette qui pourrait être décidée par arrêté préfectoral), ou encore l’ONF à travers des actions de reboisement et de découverte du milieu littoral. L’école trie ses déchets, recycle les cartouches usagées, engage chacun à l’économie d’énergie. Nous avons mis en œuvre les objectifs de cette nouvelle matière scolaire qu’est l’éducation au développement durable en nous appuyant sur l’extrême richesse de notre patrimoine environnemental (marais, océan) mais aussi de notre patrimoine historique (phare de Cordouan, Port aux huîtres).

Cette richesse, que nous apprenons à nos élèves à connaître et à respecter, serait irréversiblement mise à mal par la réalisation de ce projet (impacts sur les paysages, la faune et la flore aquatique et terrestre). Nous voulions rester en dehors des polémiques liées au terminal mais, à titre privé, il nous a paru urgent de nous exprimer sur le sujet. Nous devons tous prendre la mesure des conséquences environnementales et des risques encourus par l’école du village.

 

Les enseignants de l’école,

Vanessa Germano, Vincent Jarnage, Virginie Puyssegur, Audrey Tripet.

 

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